Maxime Laurain : Stagiaire à la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
Dans le cadre de notre série portant sur la présentation des étudiants du master 1 et de leurs expériences de stage, nous sommes allés à la rencontre de Christine pour découvrir sa vision des choses sur son stage à la PJJ.
Bonjour Maxime !
Peux-tu te présenter brièvement et nous expliquer ton choix pour le master DISC ?
J’ai fait un baccalauréat littéraire à Rennes, au lycée René Descartes. Avec des difficultés en sciences et un attrait pour les langues et la littérature, le master DISC était le choix le plus sage.
Depuis très jeune, j’ai toujours voulu faire un métier pour aider les gens, protéger mon pays et œuvrer pour la justice et l’égalité. Avec un goût très prononcé pour le sport, l’effort et le dépassement de soi, mon projet professionnel s’est très vite articulé autour du métier de gendarme, et plus spécifiquement dans une unité d’intervention. Même si le GIGN reste l’objectif ultime à long terme, l’objectif principal se manifeste d’abord au travers du concours universitaire d’officier de gendarmerie, accessible pour les titulaires d’un master 2.
C’est donc autour du diplôme de master 2 et du concours d’officier que se sont modelés mes choix universitaires. Parmi ces choix, celui d’intégrer l’UFR STAPS de l’université de Rennes 2, dans un but de découverte et d’enrichissement de connaissances et de compétences en tout genre sur le sport et ce qui l’entoure.
Je me suis spécifié avec une licence STAPS Éducation et Motricité, avant de poursuivre avec le Master DISC. C’est la diversité des enseignements proposés qui m’a d’abord plu. Après plus d’échanges avec les référents de la formation, l’articulation de ces enseignements (séminaires, interventions d’acteurs du milieu, stages, projets, etc.) et la liberté laissée aux étudiants dans le choix de leurs travaux ont définitivement orienté ma décision vers ce master.
Par rapport à mon projet professionnel, apprendre et comprendre la diversité des publics, leurs besoins ou encore leurs attentes, représentent des avantages forts tant les relations sociales sont au cœur du métier de gendarme. Avoir une vision globale des différents acteurs et enjeux du socio-sport me semble aussi très important et enrichissant, en plus de nous laisser la possibilité de se créer un véritable réseau.
Où effectues-tu ton stage? Pourquoi ce choix ?
J’effectue mon stage à l’UEAJ (Unité Educative d’Activités de Jour) de Rennes. C’est une unité de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) qui prend en charge des mineurs en attente de décision judiciaire ou placés par un juge. Cela va dépendre des jeunes, car chaque cas est particulier, mais globalement les éducateurs et professeurs techniques œuvrent pour aider les jeunes à se réinsérer, le plus souvent via des organismes de formation comme PRISME ou l’AFPA.
Dès ma prise d’informations en licence concernant la formation du master, je savais que la PJJ intervenait dans le cadre d’un enseignement. Après quelques recherches, la structure s’est rapidement montrée être l’organisme le plus proche de tous mes centres d’intérêt et de mon projet professionnel.
Est-il en lien avec ton projet professionnel ? Si oui, en quoi ? Quelles compétences penses-tu qu’il va t’apporter ?
Non pas vraiment. Ou plutôt oui, mais indirectement. D’une manière générale, il n’y a pas beaucoup de formations qui se rapprochent du métier de gendarme, tout du moins pas dans le milieu universitaire, ou alors pas à ma connaissance.
L’aspect professionnalisant d’un master devait se matérialiser, pour moi, au travers d’un lien entre la formation et mon projet professionnel, et cela au travers de ce stage. Evidemment, des connexions avec le milieu judiciaire, que ce soit les différentes structures ou par exemple la diversité des peines, sont des composantes similaires avec le métier de gendarme. Cela peut s’illustrer au travers des rapports que doivent rendre les différentes éducateurs et professeurs techniques à propos des progrès des mineurs lors de leur prise en charge au sein de la structure.
Au-delà de ces composantes, c’est plus dans les caractéristiques du public, que ce soient dans leurs interactions ou leurs comportements, que j’ai essayé de focaliser mon attention. Ainsi, c’est au travers de l’observation que j’attends de ce stage qu’il m’aide à approfondir et développer des qualités d’écoute, de compréhension et de mise en place d’actions qui conviennent au public.
La dimension pratique est centrale et nous sommes sans cesse confronter au terrain. Lors des différents modules sur lesquels nous pouvons accompagner les jeunes (sport, atelier manuel, code de la route, classe, etc.), nous sommes constamment dans le « faire avec ». Il faut donc savoir pratiquer, écouter, observer, réfléchir et proposer aux jeunes en même temps, c’est très complet. L’incertitude, quant au nombre de jeunes présents sur le module, est une caractéristique très importante de ce travail, il est donc impératif de mobiliser des qualités d’adaptation, d’innovation et de création. Le stage va m’aider à développer ces caractéristiques, que j’espère pouvoir remobiliser dans le futur.
Ce stage te donne-t-il des idées pour le travail de mémoire à rendre en M1 et/ou en M2 ?
Oui bien sûr ! Comme je l’ai dit plus tôt, lier le travail d’universitaire et de gendarme est difficile. Le stage m’a déjà aidé à trouver ce lien concernant l’aspect professionnalisant du master. Et il est aussi en train de me donner quelques pistes à propos de l’aspect recherche.
J’aimerai bien travailler sur de jeunes mineurs délinquants et leur rapport au stress dans les APS :
- Comment est-ce qu’ils adaptent leurs comportements ?
- Pourquoi ?
Ils ont une représentation sociale de tel ou tel sport parfois bien différente de la nôtre, encore plus quand on est passé par la filière STAPS et que l’on connait les aspects pédagogiques d’une activité.
Par exemple j’ai pu m’opposer à quelques jeunes en activité boxe anglaise. On partait tous du même niveau, à savoir débutant. Leurs réactions, sous les yeux de leurs camarades, après avoir subi un enchainement d’un stagiaire comme moi, proche de leur âge mais représentant une autorité, étaient très intéressantes. Mes envies sont encore assez floues mais ces questions m’intéressent…
Quelles sont tes missions ? Est-ce que cela correspond à tes attentes ? As-tu eu des surprises ?
Je suis essentiellement sur de l’observation.
D’abord, j’ai appris le fonctionnement de l’unité, les emplois de temps, quelques informations sur certains jeunes pour éviter de dire des choses blessantes ou inappropriées. Cela peut paraitre évident mais parfois des réflexions banales peuvent envenimer une situation. C’est une nouvelle expérience avec un public qui ne fait pas toujours bien la différence entre leurs amis et leurs « responsables », encore plus quand on est stagiaire d’une vingtaine d’années.
Ensuite, comme je le disais, on est constamment dans le « faire-avec » donc on pratique en même temps qu’eux. On les accompagne sur d’autres modules que le sport, ce qui permet aussi de bien les connaître, d’échanger plus facilement et de mieux les aiguiller sur leur réinsertion.
Enfin, vu que nous sommes 2 stagiaires du master à être en stage au même endroit, Christine et moi allons essayer de mettre en place une activité spécifique ou alors un programme un peu spécial avec les jeunes. C’est encore au stade de projet pour le moment.
As-tu un rendu spécifique à fournir à la structure d’accueil et/ou de formation ?
Comme tous les étudiants de la classe, j’ai un rapport de stage à fournir à notre enseignant référent. En revanche, nous n’avons pas de travail à rendre à la structure. Cependant, tous les membres de l’équipe nous ont fait savoir que les retours des stagiaires sur leur expérience au sein de l’unité étaient très privilégiés, car ils leur permettent de se rendre compte de certaines pratiques, pour leur permettre de les améliorer ou de les faire évoluer. On ne s’est pas encore réellement concertés à propos de ça avec Christine, mais je pense que l’on va leur transmettre une sorte de rapport personnalisé sur nos observations, nos impressions, etc. Nous faisions beaucoup de « point stage » avec notre tuteur et la responsable de la structure sur notre expérience, son déroulé, nos attentes, etc. Ce rapport sera aussi l’occasion de synthétiser ces échanges d’informations.
Les liens avec la formation, quels apports pour toi ?
Ce stage permet de vraiment se rendre compte de la réalité de terrain. De pouvoir mettre une expérience concrète sur des concepts vus en cours ou lors d’interventions. On prend conscience de la nécessité de bien préparer telle ou telle chose en amont, d’avoir un plan de secours, de toujours faire attention à ce qu’on dit, ce qu’on fait ou ce qu’on montre. C’est assez déstabilisant au début, quand on n’en a pas l’habitude. Mais ça devient vite un reflexe et on n’y pense plus. Personnellement je trouve qu’il constitue le meilleur lien possible entre la théorie de la formation et la réalité du travail.
Pourquoi recommanderais-tu ton stage à d’autres étudiants ? Pourquoi pas ?
Sans hésiter ! C’est une expérience très riche. On apprend beaucoup sur les jeunes, leurs parcours et leurs avenirs. Evidemment, tout n’est pas rose et chaque jeune ne s’en sort pas avec un doctorat. Certains décrochent ou récidivent. Mais c’est aussi un côté très présent de la réalité du terrain. Ne pas toujours réussir, ne pas atteindre les objectifs, tout ces éléments sont très formateurs pour notre avenir.
Même si certains intervenants mettent parfois l’accent sur ce côté un peu moins idyllique de leur travail, c’est très concret et représentatif de la réalité.
A l’inverse, la satisfaction d’accueillir un jeune et de l’aider à se réinsérer s’apparente à une vraie réussite, tant pour lui que pour nous. Ils apprennent avec nous et nous apprenons avec eux.
Si vous vous destinez à travailler avec des jeunes délinquants, ce stage représente une bonne opportunité de vous confronter à la réalité du terrain et de développer toutes les qualités qui vont avec.
Merci pour tes réponses !
Vous pouvez retrouver Maxime sur sa page Linkedin.
Propos recueillis par Clara


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