Par Enora Mingant
L’UE Publics différenciés et vulnérabilités occupe une place majeure dans le cursus universitaire des étudiants du Master Développement Intégration Sport et Culture. L’intérêt est de permettre aux élèves de développer leurs connaissances du sport, mais également de comprendre comment il est utilisé dans des contextes particuliers. En fonction des époques ou des individus auxquels on s’intéresse l’usage et la pratique d’activités physiques et sportives varie grandement et ne poursuit pas les mêmes objectifs. Dans le cadre d’un projet d’insertion ou de développement par le sport, ou plus généralement lorsque l’on parle de socio-sport, il est important de bien connaître le public auquel on s’intéresse et d’identifier les formes et les leviers de vulnérabilité les concernant. Cela permet, entre-autres, aux professionnels d’adapter leurs projets pour que les activités proposées soient bénéfiques aux individus et permettent de répondre à des besoins ou objectifs préalablement définis.
Cette UE est répartie sur un volume horaire de 29h au total, qui est divisé en 7 cours dispensés par des professionnels du socio-sport ou des enseignants-chercheurs du laboratoire VIPS2.
Breizh Insertion Sport : Conception d’une intervention sociale par le sport.
Comme chaque année, les étudiants de M1 de la promotion 2021-2022 ont bénéficiés de l’intervention d’un membre de Breizh Insertion Sport, Erwan Godet le directeur de l’association. Ce dernier a pu exposer son parcours et partager son expérience avec les étudiants. L’exemple de Breizh Insertion Sport permet de comprendre concrètement le déroulé de la conception d’une action d’intervention sociale par le sport. Si vous n’avait jamais entendu parler de BIS, il s’agit d’une association créée en 2009 et qui œuvre à Rennes et en Ille-et-Vilaine auprès de personnes considérées comme « vulnérables » ou isolées (jeunes des QPV, bénéficiaires du RSA, personnes issues de l’immigration, mineurs sous-main de justice…). Pour cela, ils ont développé une méthodologie de « l’aller-vers » et du « faire-avec » qu’ils appliquent au sein de leurs programment et qu’ils partagent sur l’ensemble du département. De manière générale, il s’agit surtout de s’adresser à des publics en grande difficulté sociale et plutôt éloignés de la pratique physique et sportive, à travers plusieurs méthodes d’intervention adaptées : des séances de sport hebdomadaires, des séjours vacances ou des séjours d’oxygénation, de la déambulation dans l’espace public, etc. Pour mettre en place tout cela, Breizh Insertion Sport dispose d’un réseau partenarial qui s’étend à l’échelle nationale.
Sport et prison, approche critique.
Ensuite, le master propose des cours portant sur le sport en milieu carcéral, un thème déjà abordé au premier semestre. Le but de ce cours, dispensé par Gaëlle Sempé, est de comprendre de quelle manière le sport est utilisé dans les prisons et d’en faire une approche critique. Les prisons sont des lieux bien particuliers, notamment car il s’agit d’espaces fermés avec leur fonctionnement propre. Les prisons sont généralement décrites comme des espaces hiérarchisés, inégalitaires et violents. Il faut bien comprendre que lorsque l’on étudie un objet comme le sport dans le cadre des prisons, il est important de prendre en considération les caractéristiques particulières de chaque individu. La prison étant un milieu considéré comme hétérogène, l’investissement, les motivations et même les performances des différentes personnes incarcérées, dans le contexte de séances d’activités physiques et sportives ne seront pas les même. De plus, de nombreuses études menées en milieu carcéral montrent que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, le sport reste fortement déconsidéré. Il est par exemple minimisé matériellement, car un grand nombre de prisons restent sous-équipées en termes de matériel et d’équipement sportif. L’UE publics différenciés et vulnérabilités est donc l’occasion de se pencher sur la façon dont le sport est utilisé en milieu carcéral, de se demander comment les activités sportives s’organisent et à partir de cela, de constituer une analyse critique.
Analyse de la domination masculine à travers les politiques mises en œuvres dans les QPV / Les masculinités en sociologie : revue de littérature.
Deux autres cours sont dispensés par Gaëlle Sempé dans le cadre de l’UE, portant cette fois sur la domination masculine à travers les politiques sportives dans les QPV pour le premier, et sur les masculinités dans la littérature scientifique et plus précisément en sociologie. L’intérêt majeur est de voir comment la domination historique des hommes dans tous les domaines, et donc dans le domaine du sport a influencé et orienté de nombreuses politiques, notamment celles concernant les Quartiers politiques de la ville. Dans ces quartiers, même si de les projets sportifs ce sont multipliés, notamment ceux axés sur l’égalité d’accès aux infrastructures et la mixité, une surreprésentation masculine dans l’espace public est toujours observable, et le décrochage sportif à l’adolescence reste bien plus marqué chez les jeunes filles que chez les garçons.
Histoire du genre dans le sport.
L’histoire du genre dans le sport est le cinquième thème abordé dans le cadre de l’UE. Si vous souhaitez davantage d’information sur ce cours, nous vous invitons à consulter l’article déjà publié sur notre blog, « Sport et genre dans l’histoire » grâce au lien suivant : https://masterdiscrennes2.sport.blog/2022/03/08/sport-genre-dans-lhistoire/
Vous y trouverez une description détaillée du cours et une réponse à la question qui se pose quand on s’intéresse au genre dans l’histoire du sport : comment les femmes ont investi progressivement le champ sportif ?
Les générations à l’épreuve du sport.
Ce cours porte avant tout sur les pratiquants et leurs pratiques sportives. Quand on se place dans le cadre d’une approche générationnelle, l’intérêt est d’établir un suivi longitudinal des pratiques en s’appuyant sur les travaux scientifiques, dans le but de clarifier le devenir des pratiquants et l’évolution de leurs investissements. Pour en revenir au sport, on note un tournant en France à partir de la seconde moitié du XXème siècle, avec une grosse augmentation du nombre de licences sportives. Comment expliquer une telle évolution ? Pour répondre à de tels questionnements on doit mener une analyse générationnelle. Au préalable, il faut pouvoir définir ce qui se cache derrière la notion de génération. Les définitions sont multiples et diffèrent selon les approches (historiques, démographiques, sociologiques), mais de façon générale elle permet de regrouper sous un même terme des personnes ayant à peu près le même âge mais surtout partageant des expériences historiques communes et une vision similaire du monde.
Les étudiants ont notamment pu se pencher sur la génération des Baby-boomers (liée à l’explosion de la nativité entre 1945 et 1953), et sur l’implication des individus issus de cette génération dans le sport. De nombreux facteurs peuvent expliquer l’importance que prend le sport avec l’arrivée de cette nouvelle génération : le sport qui devient un outil pour pacifier les rapports sociaux, une politique de valorisation de l’EPS dans les années 1960, la diversification des pratiques proposées, de nouvelles visibilités comme la télévision, le début d’un processus de féminisation dans le monde du sport, etc. En somme, les contextes historique et social dans lesquels ont grandis certaines générations peuvent expliquer les évolutions concernant les pratiques sportives.
Analyser les effets des APSA selon les publics.
L’intitulé exacte du cours suivi par les étudiants de M1 est : L’analyse sociologique mise au service de l’évaluation des effets des dispositifs d’inclusion sociale par le sport. Se situant à la croisée du domaine professionnel et de la recherche, cette intervention permet de se pencher sur de nombreuses questions : Comment utiliser le sport ? Comment évaluer notre action autrement que par des chiffres et des taux de participation ? Dans quelle condition les pratiques sportives peuvent-elles avoir des effets positifs sur les dispositions et les trajectoires ? A travers ce cours les étudiants ont comparé la logique d’évaluation centrée sur le résultat à la logique d’analyse scientifique sociologique mettant davantage en évidence les processus. Dans cette continuité, François Le Yondre a ensuite présenté une démarche d’intervention auprès des publics vulnérables reposant sur une méthode en 4 principes (qualitatif, transversal, inductif et longitudinal) et un triptyque (trois éléments interdépendants : modalités pratiques de l’intervention par les APSA, objectifs de l’intervention par les APSA, situation personnelles et difficultés identifiées).
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Pour cette UE, les modalités d’évaluation sont similaires à celle de l’UE solidarité et mise en projet du semestre 1 : production d’un oral de 10 minutes sur la base d’un tirage au sort du sujet avec 15 minutes de préparation. Les 10 minutes d’oral se décomposent comme suit : 5 minutes pour répondre au sujet puis 5 minutes de questions sur la présentation orale et l’ensemble des enseignements de l’UE


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